Le gouvernement somalien a pris la décision d’annuler les accords de sécurité et de défense établis avec les Émirats arabes unis (EAU) concernant plusieurs ports stratégiques du pays. Cette mesure a été motivée par des cas de violation de la souveraineté, de l’unité nationale et de l’indépendance politique de la Somalie par les EAU.
Dans un communiqué publié lundi, le bureau du Premier ministre somalien a souligné que cette décision reposait sur des rapports et des preuves tangibles d’actes illégaux qui portent atteinte à la souveraineté, à l’unité nationale et à l’indépendance politique » de la Somalie.
Lors d’une réunion du conseil des ministres, les participants ont convenu d’annuler tous les accords et arrangements de coopération liés aux ports de Berbera, Bosaso et Kismayo. En parallèle, le conseil des ministres a également approuvé un projet de loi visant à renforcer la protection de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la Somalie ainsi qu’un projet de loi sur l’arbitrage.
Ce projet de loi stipule que les administrations régionales et les entités privées ne pourront plus conclure d’accords avec des parties étrangères sans en informer au préalable le gouvernement fédéral et obtenir son approbation, en les soumettant aussi à la supervision du ministère compétent.
Cette décision fait suite à une enquête menée par l’Agence somalienne de l’immigration et de la citoyenneté, qui a mis en lumière des activités illégales, notamment l’utilisation de l’espace aérien somalien par Aidarous al-Zubaidi, le chef du Conseil de transition du Sud (CTS), un mouvement sécessionniste yéménite, pour fuir vers Abou Dhabi.
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui soutient le soi-disant Conseil présidentiel de direction du Yémen (CPD), a publié un communiqué jeudi révélant que Zubaidi avait manqué les négociations de paix programmées à Riyad et avait au contraire mobilisé des forces vers al-Dhale, une région située dans le sud-ouest du Yémen.
Le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Maliki, a ensuite précisé que Zubaidi s’était échappé de la ville d’Aden dans la nuit de mercredi à jeudi, embarquant à bord d’un navire à destination du port de Berbera au Somaliland. Zubaidi a ensuite pris un vol avec des officiers émiratis à destination de Mogadiscio, la capitale de la Somalie, avant de se diriger peu après vers les Émirats arabes unis.
Dans le communiqué, il a été souligné que les systèmes d’identification de l’avion avaient été intentionnellement désactivés durant la traversée de la mer d’Oman, ne se réactivant que dix minutes avant l’atterrissage à l’aéroport militaire d’al-Reef à Abou Dhabi. Maliki a dénoncé le rôle d’Abou Dhabi dans la facilitation de la sortie de Zubaidi par le territoire somalien.