Le Centre des droits de l’homme de Gaza a exprimé sa vive inquiétude quant au sort de 10 militants humanitaires du convoi terrestre Global Sumud. Ces derniers sont détenus arbitrairement en Libye depuis huit jours, coupés du monde et privés de tout contact avec leurs proches, sans qu’aucune information fiable ne filtre sur leur état de santé ou leur situation juridique.
Dans un communiqué publié ce dimanche 31 mai, le Centre précise que ce convoi terrestre avait pris la route chargé d’aide humanitaire et médicale, dans le but de rejoindre par voie terrestre la bande de Gaza assiégée, en traversant la Libye et l’Égypte.
Le convoi terrestre Global Sumud, composé de plus de 30 véhicules, dont 7 ambulances et véhicules de transport spécialisés, ainsi que 20 maisons mobiles, transporte plus de 200 participants représentant plus de 25 pays d’Afrique du Nord et du monde entier. Parmi eux figurent des professionnels de santé, des ingénieurs, des éducateurs et des observateurs juridiques.
Dimanche soir dernier, le 24 mai, une délégation de dix militants s’est rendue à un point de contrôle pour tenter de négocier avec les autorités de l’Est libyen. Cependant, ces derniers y ont été arrêtés par les services de sécurité des forces du maréchal Khalifa Haftar.
Le Centre souligne que les personnes arrêtées ont été ciblées uniquement pour leur engagement au sein d’un convoi strictement civil et humanitaire. L’organisation rappelle que la solidarité avec Gaza face à l’extermination n’est pas un crime, mais un acte d’humanité qui devrait être soutenu et protégé.
Selon les organisateurs, toutes les tentatives pour entrer en contact avec les détenus sont restées vaines. Par mesure de sécurité pour le reste des participants et afin d’éviter toute escalade, la direction du convoi a décidé de suspendre sa progression et de stationner à environ 60 kilomètres à l’ouest de Syrte. Selon les dernières informations disponibles, les dix détenus auraient été transférés vers la ville de Benghazi.
Le Centre des droits de l’homme de Gaza s’alarme des conditions de détention difficiles et dangereuses auxquelles feraient face les militants, d’autant qu’aucune procédure légale claire n’a été annoncée pour leur libération. L’organisation déplore qu’après les détentions arbitraires et les violences infligées par Israël à des centaines d’autres militants, ce soient désormais des autorités arabes qui s’en prennent à des humanitaires.
Enfin, le Centre appelle la communauté civile arabe et internationale, ainsi que les organisations de défense des droits de l’homme, à intensifier leur solidarité médiatique et juridique pour faire pression afin d’assurer la sécurité de ces dix humanitaires et d’obtenir leur libération au plus vite.