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La facture de la dette française s’alourdit

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Bâtiment du ministère français de l'Économie et des Finances, dans le quartier de Bercy à Paris, le 17 août 2026. ©AFP

Le taux d'emprunt français à 10 ans a dépassé 4,10%, au plus haut depuis 2008, tandis que celui à 30 ans frôle les 5%. Dans un contexte mondial de forte demande de financement, la charge de la dette française risque de continuer à s'alourdir.

La France n'avait plus payé aussi cher pour emprunter depuis 2008. Cette flambée des taux d'intérêt, qui dépasse les prédictions les plus pessimistes, s'étend au niveau mondial. La pression sur la dette française n'est, d'ailleurs, pas prête de retomber.

Tous les voyants sont au rouge : mardi 18 août, le taux d'emprunt à 10 ans s'est hissé au-dessus de 4,10%, des niveaux que la France n'avait plus connus depuis la crise des « subprimes ». L'écart de taux avec l'Allemagne, le fameux « spread », a dépassé les 85 points de base. La dernière fois que cela s'était produit, des gouvernements étaient tombés : celui de Michel Barnier, en décembre 2024, puis celui de François Bayrou, en septembre 2025.

Le taux d'emprunt français à 30 ans frôle désormais, lui, les 5%. Lorsque les taux flambent, les intérêts à payer augmentent chaque année dangereusement. Ils devraient atteindre près de 75 milliards d'euros cette année, selon les estimations de Rexecode, soit 10 milliards d'euros de plus qu'en 2025. Une facture supplémentaire qui complique encore davantage la préparation du prochain budget de la France.

Personne n'avait, en revanche, anticipé une telle tension mondiale sur les taux d'intérêt. Les économistes ont même du mal à expliquer un phénomène d'une telle ampleur. Ils tentent de le rationaliser, de trouver des explications, comme la crise au Moyen-Orient ou les risques d'inflation. Mais personne ne pensait, en réalité, que les taux grimperaient autant. États-Unis, Allemagne, Italie, Japon : aucun pays n'est épargné.

Une course mondiale à l’endettement

Une chose explique en partie la situation actuelle : tous les États cherchent à s'endetter en ce moment, mais il n'y a en face pas suffisamment de prêteurs pour répondre à cette demande. « Les États-Unis sont très indisciplinés et absorbent une part croissante de la dette, mais, du côté de l'administration américaine aussi, on s'inquiète de cette hausse des taux », explique l'économiste Anthony Morlet-Lavidalie. La dette américaine dépasse désormais les 40 000 milliards de dollars, soit près de 35 000 milliards d'euros.

En Europe, les Allemands, qui incarnaient jusque-là la rigueur budgétaire, se remettent également à s'endetter, notamment pour financer leur budget militaire, accentuant encore davantage les tensions sur les marchés de la zone euro. 

Ces tensions risquent, par ailleurs, de durer. Si les taux d'emprunt à 30 ans flambent en France comme aux États-Unis, c'est le signe que les investisseurs considèrent que la dette de la France n'est pas aussi soutenable à long terme qu'on ne le pensait. La France risque donc de devoir s'habituer à voir, année après année, la charge des intérêts de sa dette s'alourdir, sans pouvoir y faire grand-chose.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV