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France 2030 : le grand plan d’Emmanuel Macron face à un « mur budgétaire », alerte la Cour des comptes

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Bâtiment de la Cour des comptes. (Archives)

Cinq ans après son lancement, le plan d’investissement de 54 milliards d’euros d’Emmanuel Macron se heurte à de fortes contraintes financières. La Cour des comptes pointe un risque d’effets d’aubaine et d’importants besoins de financement à moyen terme.

Dans un rapport publié le 27 octobre, les magistrats de la Cour des comptes dressent un bilan à mi-parcours nuancé du programme, lancé en octobre 2021 pour relancer l’industrie et l’innovation. Ils saluent son déploiement rapide, mais soulignent de réelles fragilités budgétaires et organisationnelles.

Fin 2025, plus de 7 300 projets avaient fait l’objet d’un contrat, pour un montant total de 33,4 milliards d’euros. Seuls 14 milliards avaient déjà été décaissés, laissant plus de 19 milliards d’euros à verser. La Cour évoque ainsi « un mur d’engagements budgétaires à financer dans les prochaines années » et un « enjeu de soutenabilité », dans un contexte de finances publiques tendues.

Le plan repose à 82 % sur des subventions, le mécanisme le plus coûteux pour l’État. Les magistrats dénoncent des « effets d’aubaine » : selon une enquête du Secrétariat général pour l’investissement, près de la moitié des projets financés auraient vu le jour même en l’absence de soutien public.

L’économiste Philippe Herlin dénonce un « scandale dont on ne parle pas assez » et estime qu’il faut récupérer les 19 milliards d’euros qui restent à verser.

Selon la Cour, France 2030 a surtout permis d’accélérer ou d’amplifier des initiatives déjà prévues. Paradoxalement, les grandes entreprises, mieux armées pour mettre les États en concurrence, sont aussi celles qui sollicitent le plus d’aides.

Lancé « sans réflexion suffisante » et sans véritable coordination avec les programmes européens, le dispositif souffre également d’un manque de priorisation. Dès 2021, le plan France 2030 avait fait l’objet de vives critiques de la part des oppositions, qui y voyaient une opération de « propagande » menée par un « pompier pyromane ».

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Les efforts se dispersent entre de nombreux objectifs sectoriels, tandis que l’État peine à interrompre les projets les moins convaincants. Sur X, l’analyste Olivier Durnez a résumé la situation ainsi : « 33,4 Md€ engagés, 14 Md€ versés. La facture reste devant nous. »

La Cour refuse de se prononcer sur une éventuelle mise en place du successeur au plan, mais recommande de privilégier les leviers non financiers, comme la réglementation et l’achat public, et de réserver les subventions en dernier recours. Matignon promet un pilotage plus précis et un recentrage sur quelques domaines stratégiques, comme l’intelligence artificielle et les technologies quantiques.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV